En Septembre 2011, le coup d'envoi a été donné au projet de création d'
un réseau national de journalistes citoyens au sein des maisons de jeunes. Une première formation des formateurs avait eu lieu à Sidi Bouzid où des animateurs et directeurs de maisons de jeunes de 5 régions différentes étaient venus apprendre les bases de création de contenu et sa diffusion sur le Web.
Ce projet réalisé en partenariat entre Nawaat, CFI et le Ministère de la Jeunesse et des Sports, se poursuit ces dernières semaines avec la création des clubs de journalisme citoyen à Kebili, Gafsa et Makthar.
Hier, était la dernière journée de ce marathon de 3 semaines. Nous (Riadh, Nizar et moi) nous sommes déplacés à Makthar pour l'occasion.
Partis à 07h du mat, et après des paysages encantants, Makthar nous ouvre ses portes vers 09h30. Les graffitis remplissent les murs de la ville avec un message qui revient à chaque coin de rue : Les Maktharis veulent que leur ville soit un chef-lieu de gouvernorat, une entité administrative séparée. Nous poserons la question plus tard : Ce n'est pas une revendication née de la dernière pluie (ou neige), c'est plutôt un héritage transmis de père en fils. Pour les gens avec lesquels nous avons pu converser, Makthar a tous les ingrédients pour être un chef-lieu d'un gouvernorat séparé de celui de Siliana (Ils précisent qu'ils ne demandent pas à remplacer Siliana, ils veulent juste être au même niveau administratif que Siliana). Pour les gens de la ville, cette demande a une légitimité historique, économique et sociale. Le club a promis de réaliser une petit doc vidéo sur ce sujet, qu'ils partageront sur leur blog.
Après le Lablabi de bienvenue, nous nous rendons avec Houssem, Badis, Adbou et Arij à la maison de jeunes. C'est une nouvelle batisse qui a été saccagée le 10 Janvier 2011 pendant les évènements de la révolution. Elle est en train d'être reconstruite pour retrouver son rythme de croisière et accueillir plus d'activités.
Dans une salle à l'intérieur, où le club de journalisme citoyen a élu domicile, on découvre une vraie fourmillère de jeunes pétant l'énergie. Une moyenne d'âge de 17 ans, répartis en petits groupes, finalisant la rédaction d'un article pour les uns, en train de monter un reportage pour les autres. Une vraie rédac en action. En 4 jours de travail, 4 sujets ont été produits, d'une qualité quasi-professionnelle. Une bouffée d'air frais que de voir des jeunes tunisiens, avec autant de potentiel. Si nous pouvons avoir une cellule aussi motivée dans chaque village et chaque ville de Tunisie, et si nous pouvons leur donner un minimum de moyens (les clubs qui sont en place arrivent à faire des merveilles avec des flip cam), nous aurons gagné une grande bataille dans la guerre de l'information menée contre la version unique, la propagande gouvernementale, et l'opacité de l'info. Aucun pouvoir futur ne pourra plus nous présenter une version unique de l'information. L'info, nous l'aurons à chaque coin de rue, nue comme elle est. Nous aurons désarmé toute tentative de retour à la dictature de son arme la plus puissante : l'information. C'est dans ce contexte que ce projet prend, selon moi, tout son sens. C'est dans ce contexte que ce projet et une vraie action citoyenne.
L'après-midi venu, nous avons profité de la proximité du village magique de Kesra pour aller y prendre un café. Avant cela, nous avons pris le temps de déjeuner à Makthar. Un méchoui offert par Badis dans un petit resto de la ville.
En arrivant à Kesra, aux pieds de la source d'eau naturelle, le paysage offrait un délicieux moment de détente. Cette région de la Tunisie est une vrai mine d'or qui nourrit l'esprit et qui ressource. Vivement le retour.
N'hesitez pas à visiter les blogs des différents clubs de journalisme citoyen. Les liens sont sous la section " Clubs Journalisme Citoyen " dans la colonne de droite.
Pour me suivre sur Twitter : @omessaoud